Quel que soit le temps qu’il fasse par ici,
Je m’en vais toujours dans les sous-bois , pardi .
Depuis mon plus jeune age , je ramasse ,
Malgré tout le travail qui m’harasse ,
Des branchages que j’attache en fagot ,
Et que je porte à la ferme , sur mon dos.
L’hiver , quand la neige étend son blanc duvet,
Et que je sais , qu’au bois , il me faut aller ,
Avant de partir, je frotte mes sabots ,
Avec, de la braise et des tisons chauds.
Ainsi , lorsque j’y enfile mes pieds,
Cela me permets , le froid , de refouler.
Oh ! cela ne dure pas très longtemps , je sais ,
Mais dans mes poches , j’y ai aussi glissé ,
Deux vieux galets que dans le feu, j’ai chauffé .
Sans ce bois , nous ne pouvons pas nous chauffer ,
Et nous ne pouvons pas , non plus , cuisiner,
Si cuisiner est le mot approprié.
Dans notre pièce de vie principale,
Un vieux cantou , préside , magistral.
Nous y faisons de gros feux de berger,et,
Dans un coin de l’âtre , pend à un crochet ,
La marmite de soupe qui mijote.
Je peux vous paraître peut être sotte ,
Mais quand il s’agit de survie : courage !
Ne pas baisser les bras devant l’ouvrage !
Aujourd’hui sous les années et le travail ,
Je courbe l’échine , vaille que vaille !
Je ne suis pas riche , mais je préfère,
Choisir ma vie et vivre là , au grand air.
Parfois on découvre , au détours des forêts ,
De délicieux champignons : girolles, bolets ,
Que l’on prend soin de ramasser pour manger,
Après les avoir mis , quelques mois séchés ,
A l’occasion d’un repas de fin d’année.
Mon mari et moi , nous nous faisons âgés ,
Mais pour rien notre mas , nous quitterons ,
Sauf , quand les cloches pour nous sonnerons.
Patrick Jargeat
Ecrit le 27 Août 2007
Ref SACEM: T-702.124.493.1 23 056 276 10